Start with the man in the mirror : l’invitation de Michael Jackson à incarner soi-même le changement dont on rêve

Man in the mirror

Faites-vous parfois l’expérience de réécouter les chansons anglo-saxonnes de votre jeunesse avec vos oreilles d’adulte ?

Avec les années, une meilleure maîtrise de l’anglais et l’expérience, certaines paroles prennent soudain une autre profondeur. C’est ce qui m’est arrivé en réécoutant *Man in the Mirror* de Michael Jackson, après avoir vu le biopic qui lui est consacré.

Sortie en 1988, quatrième single de l’album *Bad*, la chanson dit :

« I’m starting with the man in the mirror, I’m asking him to change his ways. (…) If you wanna make the world a better place, Take a look at yourself and then make a change. »*

Autrement dit : si tu veux un monde meilleur, commence par te regarder dans le miroir et change toi-même.

Derrière ces quelques phrases se cachent deux invitations puissantes :

  • commencer par soi-même ;
  • passer à l’action.

Deux idées qui résonnent particulièrement avec le coaching, le leadership et le changement.

Le premier message parle d’exemplarité.

C’est une notion cruciale dans le développement des leaders et des managers. Dès lors que l’on est en position d’influencer d’autres personnes, il est indispensable de prendre conscience de ce que nos prises de position, nos comportements et nos façons de travailler disent de nous et produisent sur d’autres.

C’est encore plus vrai dans un contexte de transformation.

Attendre un changement de la part de ses équipes, multiplier les messages sur la nécessité d’évoluer, puis continuer soi-même comme avant — ou s’accorder une exception — est intolérable.

Nous le savons tous. Pourtant, combien de fois avons-nous entendu des collaborateurs désabusés dire : « Je le ferai quand je verrai la Direction le faire. »

C’est une question d’alignement. Voire d’intégrité.

Même au plus haut niveau, il est fréquent de voir des dirigeants adhérer sincèrement à la stratégie. Ils comprennent intellectuellement pourquoi il faut transformer l’organisation. Mais la prise de conscience intime et la réflexion personnelle manquent souvent : qu’est-ce que, concrètement, je vais devoir changer ? Quels comportements dois-je abandonner ? Quels nouveaux signaux vais-je envoyer ? Que dois-je incarner?

Le coaching va chercher cette réflexion car c’est à partir de là que la mise en mouvement s’effectue réellement. Que l’adhésion intellectuelle devient action visible et observable.

C’est le deuxième message : le passage à l’action.

Le neveu de Michael Jackson, qui l’incarne dans le biopic, a raconté avoir eu accès à ses notes personnelles pour préparer son rôle. Il explique que Michael travaillait beaucoup son mental et croyait fermement aux « manifestations ».

Dans la culture américaine, le terme renvoie à l’idée que ce que l’on nourrit intérieurement finit par prendre forme dans la réalité.

Cela commence par l’intention. Des phrases courtes, répétées avec conviction et auxquelles on choisit de croire. Une façon de parler à son cerveau, qui peut parfois être plus doué pour l’autocritique que pour l’encouragement. C’est le célèbre « Yes We Can » de Barack Obama.

Mais l’intention seule ne suffit pas. Elle ne crée pas une nouvelle réalité. Pour cela, l’intention doit être suivie d’actions.

C’est par l’action que se produisent les manifestations : ces preuves tangibles qui apparaissent lorsque l’on donne vie à ses intentions. Ces résultats, petits ou grands, viennent alors renforcer la confiance de celui ou celle qui s’est engagé dans cette démarche.

Autrement dit : l’intention nourrit l’action, l’action produit des résultats, et les résultats encouragent à poursuivre le mouvement.

C’est le message de cette chanson. Nous pouvons rêver d’un monde différent. D’une meilleure entreprise. D’une société plus juste. D’une autre façon de travailler ensemble.

Mais rien ne change réellement tant que quelqu’un ne commence. Et ce quelqu’un est souvent la personne qui nous regarde dans le miroir.

Une vision optimiste et humaniste : nous ne maîtrisons pas tout, mais nous conservons le pouvoir d’agir sur notre propre part du monde. En entreprise comme ailleurs, ce message n’a pas pris une ride.

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